Pharmacie de la Lèze

04 novembre 2018

Attention aux champignons blancs !

Cette semaine ont été amenés au comptoir ces champignons toxiques trouvés sur Lézat:

Il s'agit tout d'abord de l'entolome livide (Noms communs: Entolome perfide, Faux meunier, Jaunet )Entoloma lividum ou sinuatum

(image de l'article)

Sa description est la suivante :

Chapeau: 5-20 cm., blanc-jaunâtre à gris-brunâtre, avec des reflets blafards, couvert d'un givre blanc. Orné de fines fibrilles*, visqueux par temps humide, soyeux par temps sec. Campanulé* puis convexe*-bossu et enfin étalé et souvent mamelonné*. Compact, épais, charnu. Marge* longtemps enroulée, se fissurant avec l'âge

Lamelles*: jaune-clair puis saumon à maturité. Adnées*, très échancrées* à l'insertion sur le pied, assez espacées, larges.

Pied: 6-12 cm., blanchâtre se tachant de jaunâtre, floconneux* vers le sommet, renflé vers la base, souvent incurvé, ferme, robuste, plein, spongieux avec l'âge.

Chair: blanche, épaisse, ferme. Odeur agréable de farine fraîche qui devient repoussante lorsque le champignon vieillit. Saveur douce et agréable.

Habitat: Eté-Automne en groupes dans les forêts de feuillus, les clairières, aux lisières, dans les endroits aérés. Assez commun.

Observations: il provoque des intoxications parfois très graves qui peuvent, selon la quantité ingérée, entraîner la mort de personnes fragiles. On peut le confondre avec le Clitopile petite prune dont les lamelles* sont décurrentes* et le Tricholome de la St.Georges dont les lamelles* sont blanc-crème, tous deux d'excellents comestibles mais qui dégagent également cette odeur de farine.

Le deuxième champignon : L'Agaric jaunissant

 

Nom scientifique : Agaricus xanthoderma Genevier

 Date de l’observation:   4 novembre 2018 à Lézat
Division des basidiomycota, famille des agaricaceae

Lames : serrées, inégales, libres, écartées du pied, ondulantes, longtemps blanches à très pâles puis rose vif et enfin brun noirâtre

Chair : jaune vif dans le bulbe et sous la cuticule, saveur douce, odeur peu agréable d'encre, de phénol

Pied : jaunissant à la base

Sporée : brune noirâtre

Habitatlisières de forêts, jardins, parcs, pâtures et prairies amandées

Consommation:  toxique

à l'attention des amateurs de rosé des près ....

Le genre Agaricus..

Le genre Agaricus renferme d’excellents comestibles sauvages (le Rosé des prés par exemple), même des comestibles cultivés (le Champignon de Paris, appelé Agaricus bisporus) mais aussi des espèces toxiques comme l’agaric jaunissant (Agaricus xanthoderma)

Les cueilleurs de rosé (et il y en a chez nous !) doivent impérativement savoir reconnaître ce champignon. L'odeur peu agréable, parfois peu évidente mais souvent bien marquée au froissement, un fort jaunissement de la surface du champignon dès qu'on le frotte avec l'ongle, le sommet du champignon très souvent plat dit tronconique et la base du pied présentant un petit bulbe, permettent de le caractériser. Sa consommation provoque l'apparition de symptômes plus ou moins violents suivant les individus qui se caractérisent par des nausées, douleurs abdominales, vomissements et diarrhées. Heureusement, son odeur désagréable accentuée à la cuisson souvent suffit à l'éloigner de l’assiette.

Il existe des agarics jaunissants mais néanmoins comestibles. La différence par rapport aux jaunissants toxiques se fait au niveau de l’odeur. Les comestibles présentent une odeur agréable d’anis ou d’amande, à la différence du jaunissant et des autres toxiques présentant une odeur désagréable d’encre ou de phénol. Le cueilleur peu confiant en son odorat s’abstiendra donc de cueillir tout agaric jaunissant, d’autant plus que l’odeur n’est pas forcément évidente à discerner. Un exemple d’agaric jaunissant à parfum d’anis prononcé est celui qu’on appelle Boule de neige ou Agaric des jachères (Agaricus arvensis).

Agaric des jachères (Agaricus arvensis)

Le genre Agaricus renferme d’autres toxiques, non jaunissants ou très faiblement cette fois. On peut citer l’agaric des robiniers (Agaricus romagnesii), caractérisé par un pied clavé à bulbeux, prolongé de nombreux rhizomorphes, mais aussi l’agaric impérial (Agaricus augustus), caractérisé par des mêches roussâtres sur le chapeau et une odeur d’amande. Longtemps considéré comme comestible, il est maintenant référencé comme toxique à cause de la présence probable de substances cancérigènes dans sa chair.

agaric impérial (Agaricus augustus)

En règle de base,  le cueilleur fera très attention à la qualité de l’environnement où seront cueillis les agarics. Ces champignons affectionnent les endroits rudéraux, les pâtures enrichies, les parcs municipaux, en bref les espaces de vie des hommes. Il faut être prudent si on les cueille dans une pâture ayant abrité des bovins ou des ovins. Le risque existe d’une contamination avec des parasites tels que la Petite douve ou la Grande douve. Que le cueilleur se rassure, une bonne cuisson des champignons élimine ce risque. Tout le monde ne supporte pas les agarics et des intolérances existent. Par conséquent, si on le consomme pour la première fois, c’est en très faible quantité pour voir si on le digère. Cette remarque évidemment s’applique pour n’importe quel champignon comestible consommé la première fois.

Rappelons les critères pour reconnaître l’Agaric champêtre, le fameux Rosé des prés, car tout ce qui ressemble à un agaric n’est pas forcément un rosé. Le rosé se caractérise par une bonne odeur, une chair qui conserve la même couleur ou rosit légèrement après grattage, un pied qui se rétrécit vers la base et enfin un anneau très fugace, non persistant. Si vous voyez un agaric avec un bel anneau, vous pouvez exclure à coup sûr le rosé.

De façon générale, beaucoup d’espèces du genre Agaricus sont très difficiles à identifier et nécessite le microscope. Néanmoins, la connaissance du biotope, l’odeur, la forme du pied, de l’anneau, la couleur de la chair après grattage, permet déjà d’éliminer des candidats.

Si le cueilleur doit retenir une mesure de prudence, c’est bien celle qui va suivre. Les agarics, quand ils sont jeunes, ont des lames blanches. Les lames blanches caractérisent aussi les...amanites. Pour lever l’ambiguïté, il est indispensable de ne pas couper le champignon quand on le cueille mais de le déterrer avec le couteau. Ce geste vous permettra d’identifier la présence éventuelle d’une volve, vous permettant tout de suite d’identifier une amanite. Certaines mortelles poussent dans le même biotope que les agarics. Une autre bonne pratique est également d’éviter de cueillir des sujets trop jeunes pour éviter tout risque de confusion.

Pour conclure, même pour des champignons qui paraissent aussi faciles à cueillir que des agarics, les risques de confusion existent. Le bon cueilleur est toujours quelqu’un de prudent et observe chaque détail du champignon avant de le mettre dans le panier. Plus qu’ailleurs, le diable se cache dans les détails en mycologie et fait la différence entre la vie et de graves séquelles voir la mort !

 

Pas de risques donc au moindre doute venez nous consulter !!

Retour aux Pharm'actus

Vos liens santé pratique